salut cousin
certains se rappelleront le film de Merzak Alouache
moi je me rappellerai un autre film
plus court mais dans lequel j’ai fait imploser une vieille TV à coup de massue
et tailladé une pauvre poule
et t’as fait le caméraman
c’est comment dis moi
quand le temps passe
et quand tout ça te revient
à la gorge
je me rappelle d’une nuit sous les étoiles
le plein de bières
et une plongée dans la méditerranée
c’était ma première cuite
je me rappelle une maison
dont le bout d’un certain couloir
faisait parvenir des rires étouffés
et moi qui faisait le gardien
d’un amour volé
derrière une porte
dans la chaleur d’un certain été
je me rappelle un tracteur rouge
crachotant sous un soleil
au pied d’une montagne dite «de plomb »
et des sillages de jeunes vignes
qui doivent courir maintenant la vallée
avec une insouciance hélas que nous avons perdue à jamais
rappelles-toi Flipper le dauphin
t’aimais bien m’embêter
et je te prenais souvent pour une sorte d’idole
une valeur sûre de mon « teenagerhood »
milestone je dirai
t’es un milestone
d’un pan de ma vie
de la même manière
que t’aurais deviné
que j’étais témoin
d’une tranche de la tienne
saches cousin
que sous les carapaces relatives du froid
se cachent souvent des sentiments
chauds
cousin
je te dis salut
